THAMOURTH N'HARBIL
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LES AÏTH YAÂLA

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LES AÏTH YAÂLA

Message par morad le Dim 25 Sep - 16:47

Région essentiellement rurale, éloignée des grands centres urbains, les Ait yaala ont une histoire mal connue, les écrits restent rares et les vestiges archéologiques, peu nombreux sont difficiles à dater. La toponymie, les traditions orales, peuvent apporter quelques contributions, mais les traditions orales présentent de sérieux inconvénients : il n'est pas de vérifier leur authenticité.

Pour connaître le passé des Aith Yaala dans ses traits généraux force, est de replacer cette région aux dimensions restreintes dans un cadre territorial plus vaste. On peut estimer que notre région a connu le même passé que tous les groupements humains voisins qui pratiquent le même genre de vie, parlent le même idiome, habitent les mêmes maisons couvertes de tuiles rondes et groupées en une multitude de villages, (ceci correspond à tout le territoire accidenté compris entre les Hautes Plaines et la mer, drainé par la SOUMMAM La petite Kabylie occidentale).

Que cette zone ait été ou non habitée depuis plus de vingt siècles, ce qui est certain, c'est la persistance chez les habitants d’un vieux fond de civilisation méditerranéenne. Leur attachement profond à la terre nourricière et leur organisation villageoise font d'elle les véritables descendants des Numides, déjà sédentarisés au IIème siècle avant J.C, du temps du roi MASSINISSA.

Bien que faisant partie de la Maurétanie césarienne, puis Sétifienne, notre région ne semble pas avoir subi l'occupation Romaine. De fait, jalonnent le piedmont sud de l'Adras on les retrouve au nord, dans la vallée de Bousselem (Hammam Guergour), mais non à l'Ouest de celle-ci. Nombre de ces cités en ruine, étaient des garnisons surveillant de près, les turbulents montagnards des Aith Yaala et autres, Les " Romains " de la plaine, avaient de quoi s'inquiéter. En effet, de nombreuses insurrections s'étaient produites, celles du IIIème siècle furent particulièrement graves les Bavars (Petite Kabylie) coalisés avec leurs voisins. les Quinquegentanei (Grande Kabylie) remportèrent de grands succès.

Il ne semble pas que nos montagnards fussent moins indépendants au Moyen Age, sauf peut-être autour du XIème siècle. Car à cette époque, Bougie, la capitale HAMMADITE était prospère et très puissante. Il est difficile d'imaginer qu’elle s'était développée sans la collaboration des habitants de son hinterland. A la faveur de la désintégration post-Almohadienne et des luttes que se livraient au XIVème et au XVème siècle les dynasties rivales de Fez. Tlemcen et Tunis, la petite Kabylie s'érigea en principauté indépendante, centrée sur la Kalâa des Ait Abbes bourg situé sur le versant nord des Bibans à 30 Km environ à l'ouest de GUENZET.

Au XVIème siècle, le pouvoir Turc réussit à contrôler le versant sud des bibans. Tout en subissant l'influence morale de cette noble famille, les populations kabyles refusaient de se plier à son autorité directe, ce fut la raison qui poussa le Bey d'Alger à fonder la garnison de Zemmoura, seulement de 12 km. de Guenzet.
Après la conquête Française, la région conserva jusqu’à nos jours une certaine autonomie, non seulement parce que le Douar Harbil (chef lieu de Titest) et le centre municipal d’Ikhlidjène (chef lieu de Guenzet étaient administrés par les hommes d'origine locale mais encore parce qu'une "administration " parallèle rudimentaire, certes, mais représentative, continuait à fonctionner dans chaque village. Pourtant les Aith Yaala sont très imprégnés d'influence Française. Celle-ci ne s’exerça, ni par la colonisation qui ne trouva pas sa place dans cette terre pauvre, et de surcroît très peuplée, ni par l'intermédiaire du centre urbain le plus proche Bougaa, chef-lieu de la commune mixte du Guergour, elle s’est implantée grâce à l'école, la route et l’immigration.
Les Aït Yala furent dotés d'une infrastructure scolaire que peu de secteurs ruraux connaissaient. Avant 1954 , il y avait de 2 à 5 classes à Titest, Tiget, Chréa, Timengache, Aourir Aoulmi et Tiknichaouth, les écoles de Guenzet en rassemblaient une quinzaine.

Relativement plus évolués, les Aith Yaala son prompts à concrétiser toutes les idées avancées. Ils participèrent nombreux à l'insurrection de 1871, et lors de la guerre d'indépendance à la lutte été particulièrement importance tant dans leur région qu’à l’extérieur.

Ce serait une erreur de croire que cette région était restée repliée sur elle-même. S'ils défendaient avec tant d'acharnement leur indépendance, ses habitants savaient apprécier le prix de la liberté aussi ne marchandaient-ils par leur hospitalité aux personnes venues chercher refuge chez eux.

Ainsi YALA était un citoyen de la Kalâa des Béni-Hammad. Ce fut à la suite de l'invasion Hilalienne du 6ème siècle qu'il quitta sa ville pour s'établir dans le pays qui porte son nom. Cet éponyme est l'ancêtre d'un petit nombre seulement de familles, Les habitants des villages situés à l'Ouest de la région semblent être venus plus tardivement plusieurs indices le montrent : ceux-ci sont de petites dimensions, ils n'occupent pas comme les autres des sites et des situations privilégiés" leurs champs sont gagnés péniblement sur la forêt de pin et ils manquent d'eau, les familles qui y vivent sont souvent apparentés et se réclament d'un ancêtre commun. Ainsi, celles de Tiguert Nait Kerri et de Tamalouth descendent de Sidi Mohand Ou-Kerri dont le mausolée se trouve sur une montagne voisine.

La population actuelle résulte du brassage entre les éléments indigènes et les immigrants venus progressivement. Elle est entièrement musulmane, et dans l'ensemble d'origine berbère, bien qu'ici comme ailleurs, une fraction, les Marabouts, se réclament d'origine arabe certains familles se disent même Chorfas, c'est-à-dire descendants du Prophète. D'autres, sans doute parce que leurs aïeux étaient venus de régions déjà arabisées. Quelles que soient leurs origines, les Marabouts constituent un clan à part dans le village, Quelques particularités les distinguent des kabyles, des lettrés en arabe se recrutent souvent parmi eux, leurs femmes ne sortent pas ouvertement Les Marabouts ne se marient que dans leur " branche " pourtant leurs ancêtres prirent des épouses Kabyles, raison pour laquelle, de nos jours encore, ils appellent leurs hôtes " khali " Hormis ces particularités, tous les hommes forment une société unie dans son genre de vie et ses aspirations. Il règne aux Ait Yala, un esprit égalitaire très poussé : on n'admet ni la richesse, ni la pauvreté. L'égalité est aussi politique : les hommes reconnaissent avant toute autre autorité : celle de la Djemaa.


Bibliographie : « LA MONOGRAPHIE DES BENI-YALA » de Lahmar Rachid
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morad

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